COOPERATION SCIENTIFIQUE FRANCE-ISRAËL

COLLOQUE « IMPACT DU CHANGEMENT CLIMATIQUE SUR LA BIODIVERSITE ET LA SANTE PUBLIQUE »

Retour sur le colloque qui s’est déroulé les 2 et 3 mai

Des chercheurs israéliens et français se sont rencontrés à Haïfa pour un colloque sur l'impact des changements climatiques sur la santé publique et la biodiversité. Crédits : Alexandre Superville / Institut français d'Israël 2016

Des chercheurs israéliens et français se sont rencontrés à Haïfa pour un colloque sur l’impact des changements climatiques sur la santé publique et la biodiversité. Crédits : Alexandre Superville / Institut français d’Israël 2016

Chaque année, le programme PHC MAIMONIDE finance des programmes de recherche bilatéraux franco-israéliens autour de deux thématiques préalablement choisies par un comité d’experts – le Haut Conseil franco-israélien pour la science et la Technologie (HCST). L’une des thématiques retenues cette année – « Impact du changement climatique sur la biodiversité et la santé publique » – a fait l’objet d’un colloque les 2 et 3 mai au kibboutz Nir Ezion près de Haïfa réunissant chercheurs français et israéliens. En marge de ce colloque, nous nous sommes entretenus avec les chercheurs pour un état des lieux de la coopération franco-israélienne dans ce domaine, plus-que-jamais, crucial.

Le Docteur Tareq Abu Hamed, directeur scientifique adjoint du Ministère de la Science, de la Technologie et de l’Espace (MOST) israélien, avec qui l’Ambassade de France en Israël a co-organisé le colloque, a pour commencer souligné le rôle crucial de la coopération entre les Etats dans la détermination des actions à entreprendre pour s’adapter au changement climatique. « La Nature n’a pas de frontière. » a-t-il conclu.

La France et Israël, des conditions climatiques communes, des problèmes similaires

Pourquoi Israël et la France plus précisément ? Le Docteur Haïm Kutiel, de l’Université de Haïfa, organisateur scientifique du colloque, nous donne plusieurs arguments : Israël et le Sud de la France ont un climat similaire, méditerranéen, font face de par leur localisation aux mêmes problématiques, notamment à une future exposition aux épidémies amenées à remonter du Sud vers le Nord. Egalement, du fait du niveau scientifique très élevé dans les deux pays, une collaboration scientifique importante existe déjà – elle peut cependant être développée par des actions comme ce colloque.

C’est également l’avis des Docteurs Philippe Ricaud et Dennis Fox, respectivement de Météo France à Toulouse et de l’Université de Nice-Sophia Antipolis, qui pensent qu’il est toujours préférable de rencontrer une communauté de chercheurs de visu que d’initier une collaboration isolée par email. Ils précisent les intérêts de la communauté française : la Méditerranée n’est pas un bloc, certaines questions sont spécifiques à sa partie Est, et l’intérêt des scientifiques français s’y déplace de plus en plus, notamment sur la question des aérosols. De plus, si la Méditerranée Ouest est bien connue, l’Est regorge encore de secrets à percer.

Alors, comment se jugent les deux pays en matière de qualité scientifique ? Pour les deux chercheurs français, sur les questions des feux de forêts, de l’érosion, du ruissellement, des inondations et de la pollution, oui, Israël est investi, reconnu et pionnier. En effet, l’Etat Hébreu s’est développé rapidement et dans un environnement difficile, expliquent Dennis Fox et Philippe Ricaud. Il développe une recherche de très haut niveau, avec de plus en plus de collaborations internationales. Les deux français ont été impressionnés par la visite, organisée le deuxième jour du colloque, des sites post-incendies du Mont Carmel, ravagé par les flammes en décembre 2010. Ils ont été interloqués par la rapidité du retour de la végétation, et ont pu avoir un aperçu de caractéristiques de l’environnement local et des politiques de prise en charge mises en place en Israël.

Du côté des Israéliens, la qualité des recherches en France dans le domaine est très reconnue. Pour Tareq Abu Hamed, la France a des atouts particuliers, et notamment la technologie spatiale de pointe, dont l’utilisation pour  surveiller et suivre le changement climatique est en phase de devenir d’importance cruciale.

Une complémentarité dans la recherche entre les deux pays

Les chercheurs israéliens soulignent enfin les nombreux points communs et la complémentarité des deux environnements de recherche – la vision de la recherche est la même, une région en commun, une similarité de méthode. C’est ainsi que beaucoup de recherches conjointes ont déjà lieu, même sans lien formel entre chercheurs. La France, faut-il le rappeler, est l’un des principaux partenaires scientifiques d’Israël, et oscille entre la 3ème et la 5ème place selon les années en matière de co-publications. Pour Philippe Ricaud, la complémentarité est évidente au niveau humain et scientifique. Elle se renforce grâce à ce type de rencontre directe de la communauté de climatologie.

On ne peut qu’espérer de nombreux projets joints de qualité en réponse à l’appel à projets PHC Maimonide 2017.

Les photos de l’événement :