Le Café des Sciences n°3 : « L’interaction entre les humains et les drones »

/ EVENEMENT

La troisième édition du Café des Sciences, organisée par l’Institut français d’Israël, s’est tenue le 27 novembre dernier au café Beit Kandinov sur la thématique : « L’interaction entre les humains et les drones ».

Lundi 27 novembre 2017, une trentaine de personnes ont assisté à la troisième édition du Café des Sciences de l’Institut français d’Israël au café Beit Kandinov à Jaffa. Un état des lieux des recherches en matière d’interactions entre les humains et les drones a été dressé par le docteur Jessica Cauchard, professeur à IDC Herzliya.

Les interactions avec des appareils électroniques (ordinateur, montres, smartphones, etc.) sont omniprésentes dans la vie de tous les jours et sont devenues naturelles pour la plupart d’entre nous.

Cependant, comment créer des interactions avec de nouveaux appareils, par exemple les drones, dont l’interface avec l’homme ne se limite plus à des écrans ou des télécommandes ? A l’heure où l’usage des drones se popularise, la question est primordiale pour pouvoir accompagner le développement de cette technologie, dont les applications sont nombreuses : photographie, livraison de biens, opérations de secours, etc.

Dans ce cadre, les recherches actuelles portent sur des interactions basées sur les mouvements humains pour communiquer avec les drones. La définition de ce type d’interactions doit prendre en compte de nombreux paramètres, par exemple :

  • la culture des individus. Le comportement et les gestes utilisés pour interagir avec les drones peuvent notamment varier suivant les cultures et les personnes ;
  • la sécurité. Toucher un drone en vol pouvant s’avérer dangereux (en raison des hélices notamment), il convient par exemple de définir une distance de sécurité optimale à l’utilisateur ;
  • la réponse du drone. Afin de donner l’impression d’une réelle « communication » entre les drones et les utilisateurs, les réponses du drone doivent être adaptées lors de l’interaction (ex : lumières, sons, etc.). Ainsi, certaines pistes de réflexion portent sur l’anthropomorphisation des drones (ex : présence d’« yeux »).

Si les recherches en sont encore à leur prémices, avec seulement quelques groupes de recherche travaillant sur le sujet à travers le monde, nul doute qu’il s’agit d’une thématique d’avenir au regard du développement attendu de l’usage des drones.

 

Le Café des Sciences est un événement proposé et organisé par l’Institut français d’Israël grâce à l’implication de jeunes chercheurs français travaillant dans des laboratoires israéliens. Le concept consiste à décortiquer un sujet scientifique dans un lieu convivial où les passionnés de science, simples curieux ou profanes, peuvent discuter de sujets scientifiques directement avec des chercheurs et universitaires experts dans leur domaine et selon une approche vulgarisée.

Le prochain Café des Sciences aura lieu le mardi 27 février 2018 au bar « The Prince » à Tel Aviv. La thématique sera la suivante : « Rythme circadien et horloge biologique: il est temps de remettre votre pendule à l’heure ! ».

Rédaction : Etienne Charbit

L’Université Paris-Saclay et le Technion-Israel Institute of Technology signent leur accord-cadre de partenariat

Accord Université Paris-Saclay et Technion-Israel Institute of Technology

Accord Université Paris-Saclay et Technion-Israel Institute of Technology

Lundi 11 décembre 2017, Gilles Bloch, Président de l’Université Paris-Saclay et Peretz Lavie, Président du Technion, ont officialisé leur accord-cadre de coopération qui façonne et renforce les activités communes des deux établissements. Cette signature s’est déroulée à l’occasion de #TechnionConnectedWorld – Vers la Révolution 4.0, l’événement annuel organisé par Muriel Touaty, Directrice Générale de Technion France, en présence de Valérie Pécresse, Présidente de la Région Île-de-France.

Créé en 1924, le Technion – Israel Institute of Technology est la première université et école d’ingénieur en Israël. Elle compte plus de 14 000 étudiants, 60 centres de recherche et trois Prix Nobel de Chimie. Selon le classement de Shanghai 2017, le Technion se classe au 44ème rang mondial en Ingénierie, et au 69ème rang des meilleures universités du monde.

Cet accord UPSaclay -Technion s’inscrit dans une longue tradition de coopération scientifique entre la France et Israël. En termes de relations académiques, l’Université Paris-Saclay, parce qu’elle représente 15% de la recherche française, est l’un des principaux écosystèmes français impliqués dans ce partenariat, dont Technion est un acteur clé. Les conventions précédemment signées par Technion avec les membres de l’Université Paris-Saclay, en particulier l’Université Paris-Sud et CentraleSupélec, constituent le cadre actif de cette coopération.

Cet accord permettra à UPSaclay, comme au Technion, d’accélérer leurs activités conjointes en favorisant l’accroissement des mobilités et le renforcement des réseaux scientifiques, en premier lieu dans le domaine du numérique ainsi que celui de la santé et des sciences de la vie. Il sera bientôt suivi d’un accord de co-tutelle de thèse qui permettra de renforcer le travail mutuel des équipes et de lui donner un cadre durable.

La coopération en matière de recherche entre les deux institutions est bien établie. Par exemple, en mathématiques ou en sciences de la vie, pour lesquelles les chercheurs de nos deux institutions excellent ensemble : en témoigne ainsi le travail pionnier mené par Marc Humbert, professeur à l’Université Paris-Sud, qui a reçu un prix en 2016 de la Fondation de France pour son travail sur l’hypertension pulmonaire dans le cadre du Laboratoire International Associé au Technion, dirigé conjointement par le Professeur Sylvia Cohen-Kaminsky (CNRS/INSERM) avec le Professeur Hossan Haick (Technion). Ce prestigieux LIA a été officiellement reconduit lors de cet événement par Yves Lévy, président de l’Inserm et Sylvie Retailleau, présidente de l’Université Paris-Sud.

 

La dynamique exceptionnelle en Israël, et en particulier au Technion, est également remarquable en termes d’innovation et d’entrepreneuriat, deux dimensions qui sont tout autant au coeur du projet de l’Université Paris-Saclay. Cela se reflète dans ses nouveaux programmes académiques proposés par l’université ainsi que dans son approche novatrice pour soutenir l’entrepreneuriat étudiant et l’émergence de start-ups. Cet accord encouragera également les collaborations avec le Technion dans ce domaine.

Pour Valérie Pécresse, Présidente de la Région Île-de-France, cet accord-cadre est « l’occasion de renforcer l’association entre nos deux pays, mais plus particulièrement entre deux territoires technologiques, entre deux grands Tech Hub, Israël et la Région Île-de-France. Cette association passe déjà par des partenariats que nous voudrions tous voir multipliés et renforcés. Notre Région présente actuellement des avantages inégalés et nous mettons toute notre énergie à valoriser encore son potentiel. »

Rédaction et crédits photo : Université Paris-Saclay

Gala : Hélène Le Gal, Ambassadrice de France en Israël, reçoit les anciens de l’INSEAD

C’est l’école qui propose le meilleur MBA au monde selon le classement 2017 du Financial Times : l’INSEAD est certainement l’un des fleurons français de nos formations en management. La notoriété de cette école n’est plus à faire tant l’excellence de son enseignement est reconnu partout dans le monde, avec ses différents campus à Fontainebleau, Singapour et Abou Dabi. Pour leur gala annuel, les anciens élèves de l’INSEAD ont été accueillis par l’Ambassadrice de France en Israël, Hélène Le Gal, le 26 octobre 2017 à la Résidence de France.

Pour l’occasion, Martin Gerstel, ancien Directeur général de la société américaine ALZA, l’une des entreprises les plus importantes dans le domaine médical, a animé une conférence sur l’histoire de son entreprise depuis ses débuts en 1968 jusqu’à son rachat par Johnson et Johnson en 2001. Les Alumni ont ensuite pu profiter de l’événement pour se retrouver, échanger sur leurs parcours et rencontrer l’Ambassadrice dans un cadre convivial, accompagnés par quelques mélodies au piano.

Conférence de Martin Gerstel

Les Alumni à la conférence de Martin Gerstel

Avec 500 membres locaux, le réseau des Alumni de l’INSEAD en Israël illustre à la fois l’attractivité de la France auprès de brillants étudiants israéliens et la qualité des relations économiques entre la France et Israël.

Yair Melmed et Valérie Khalifa, membres du Comité exécutif des Alumni de l’INSEAD en Israël

Yair Melmed et Valérie Khalifa, membres du Comité exécutif des Alumni de l’INSEAD en Israël

Valérie Khalifa, un Alumni de l’INSEAD et l’Ambassadrice de France en Israël, Hélène Le Gal

Valérie Khalifa, un Alumni de l’INSEAD et l’Ambassadrice de France en Israël, Hélène Le Gal

Rédation : Juliette Chauveau

Le dynamisme israélien dans le domaine de la santé numérique inspire les professionnels de la santé en France

/ SANTE

Une délégation de neuf professionnels français du secteur de la santé (Ministère de la Santé, instituts de recherche, hôpitaux, etc.) a participé les 13 et 14 septembre 2017 à un voyage d’études en Israël sur les Big Data en matière de santé.

Les Big Data désignent un ensemble très volumineux de données qui ne peuvent pas être travaillées avec des outils classiques de gestion de base de données ou de l’information. En matière de santé, les Big Data pourraient constituer des ressources utiles en matière de prévention, de diagnostic, de pilotage, et d’identification des populations.

La délégation a rencontré des responsables d’hôpitaux (Ichilov, Tel HaShomer), d’instituts de recherche et de startups experts sur cette thématique, avec notamment pour objectif d’amorcer des actions de coopération entre les deux pays. La mission a pleinement atteint ses objectifs selon le Prof. Emmanuel Bacry (CRNS, Université Paris-Dauphine, Ecole Polytechnique), qui estime notamment que « les échanges ont permis d’appréhender le dynamisme du système de santé israélien ».

Présentation des projets Big data de l'hôpital Ichilov, Tel Aviv

Présentation des projets Big data de l’hôpital Ichilov, Tel Aviv

La délégation française a également participé à la Conférence mHealth, qui a pour but de mettre en relation les acteurs du numérique dans la santé. Le Docteur Xosé Fernandez de l’Institut Curie a apprécié les rencontres avec des établissements de santé et des entreprises innovantes.  Il estime que « Israël, dont la population est équivalente à l’Île-de-France, présente un dynamisme important dans le domaine de la santé numérique ».

Echange avec le Prof. Ran Balicer, Directeur du Clalit Research Institute, Jérusalem

Echange avec le Prof. Ran Balicer, Directeur du Clalit Research Institute, Jérusalem

Cette visite pourrait permettre de nourrir de nombreux projets en cours en France, par exemple à l’Institut Curie. « Nous tentons de déployer notre propre stratégie, qui consiste à allier de solides connaissances mathématiques, par le biais de partenariats avec l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL) et la Fondation Sciences Mathématiques de Paris, avec des travaux sur les données, en alliant intelligence artificielle et médecine en particulier pour analyser les images cliniques » explique le Dr. Fernandez.

Cette mission a été initiée et coordonnée par Philippe Pucheu, ancien directeur d’un hôpital parisien, dans le cadre d’un projet de coopération associant hôpitaux français et israéliens. Le voyage s’inscrit dans la continuité de la visite en Israël de Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé, en mars 2016 et de Martin Hirsch, Directeur général de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), en novembre 2016.

Rédaction : Etienne Charbit

Le Café des Sciences n°2 : « La révolution des accélérateurs laser-plasma »

/ CAFE DES SCIENCES #2

La deuxième édition du Café des Sciences, organisée par l’Institut français d’Israël, s’est tenue le 12 septembre dernier au Beit Kandinov sur la thématique : « La révolution des accélérateurs laser-plasma ». Pour rappel, le concept du Café des Sciences consiste à décortiquer un sujet scientifique dans un lieu convivial où les passionnés de science, simples curieux ou profanes, peuvent discuter de sujets scientifiques directement avec des chercheurs et universitaires experts dans leur domaine et selon une approche vulgarisée.

Café des sciencesMardi 12 septembre 2017, la deuxième édition du Café des Sciences, organisée par l’équipe scientifique de l’Institut français d’Israël au café Beit Kandinov à Jaffa, a abordé l’univers des accélérateurs laser-plasma, en compagnie du professeur Victor Malka (Département de physique de l’Institut Weizmann et Directeur de recherche CNRS au laboratoire d’Optique Appliquée de Palaiseau).

Les accélérateurs laser-plasma permettent de produire des faisceaux de particules accélérées et des rayonnements X à partir d’une distance d’accélération de quelques mètres seulement, alors que les accélérateurs traditionnels requièrent plusieurs kilomètres pour y parvenir : le plus puissant accélérateur de particules au monde, le « Grand collisionneur de hadrons » (LHC) du CERN, mesure 27 km de long.

Cette nouvelle technologie va permettre d’accélérer les particules encore plus rapidement et d’étudier des phénomènes nouveaux, sans avoir toutefois besoin d’accélérateurs toujours plus grands.

Le principe de la technologie des accélérateurs laser-plasma repose sur l’interaction entre une impulsion laser de très grande intensité et un gaz produisant un plasma (état de la matière chauffée à des températures très élevées). De cette interaction résulte l’accélération de particules de façon compacte et efficace.

Les applications des accélérateurs laser-plasma sont nombreuses, par exemple :

  • dans le secteur de la sécurité industrielle : détection de fissures dans des matériaux denses et épais, ainsi que dans des pièces difficilement accessibles, telles que les cuves des centrales nucléaires ou les carlingues d’avions ;
  • dans le secteur médical : développement d’imagerie médicale avec une résolution inégalée grâce aux rayons X produits, traitement de tumeurs par radiothérapie par protons.

La conférence a allié haut niveau scientifique et convivialité. Nous espérons que les prochaines rencontres seront aussi réussies et attireront un public varié et intéressé par des thématiques scientifiques toujours plus passionnantes !

 

Le Café des Sciences est un événement proposé et organisé par l’Institut français d’Israël grâce à l’implication de jeunes chercheurs français travaillant dans des laboratoires israéliens. Cet évènement est l’occasion pour un ou deux scientifiques de partager leurs travaux et de rendre accessible la recherche française et israélienne à tous les publics, valorisant la coopération de nos deux communautés scientifiques.

Rédaction : Etienne Charbit

« C’est inspirant d’avoir tant de chercheurs renommés et leurs étudiants dans un rayon de quelques minutes autour de son bureau. » Une interview de Jean Hausser, post-doctorant en biologie à l’Institut Weizmann

Après une licence d’informatique à l’Université de Karlsruhe (Allemagne), un diplôme d’ingénieur en bioinformatique à l’INSA de Lyon et deux séjours de recherche aux Etats-Unis (Université de California San Diego) et en Allemagne (Université de Munich), Jean Hausser a fait une thèse en bioinformatique à l’Université de Bâle (Suisse). Suite à cela, il est arrivé à l’Institut Weizmann en Israël pour son post-doctorat en 2013. Impressions.

Jean HausserQuel a été votre parcours ?

Ma recherche à l’Institut Weizmann vise à établir des lois quantitatives en biologie. Un défi majeur de cette matière est l’incroyable complexité de la vie au niveau moléculaire. La vie s’organise en cellules (telles que les bactéries ou les cent mille milliards de cellules humaines qui forment notre corps) et chaque cellule contient des milliards de molécules. La chorégraphie de ces molécules détermine la vie ou la mort des cellules et la santé de notre organisme : un virus va réorganiser la chorégraphie moléculaire des cellules qu’il infecte à son profit. C’est une chorégraphie sans directeur artistique et, qui plus est, sans manuel explicatif.

Pour tenter de comprendre cette chorégraphie, je me suis posé la question suivante : pourquoi le vivant est-il organisé tel qu’il l’est, et pas autrement ? Pour y répondre, j’analyse des données sur la composition détaillée des cellules et j’y cherche des tendances, des motifs récurrents, que je justifie ensuite par des modèles mathématiques. Le but de ce travail est d’aider à avancer dans notre compréhension du vivant pour que l’on puisse un jour peut-être étudier la biologie comme on étudie la physique, et développer des médicaments comme on conçoit des ordinateurs.

Pourquoi avez-vous choisi de venir en Israël, et plus particulièrement à l’Institut Weizmann ?

La principale raison est scientifique. J’ai été inspiré par la recherche du Laboratoire de biologie des systèmes du Professeur Uri Alon. Ce laboratoire est à la pointe de l’étude des principes expliquant la complexité et l’organisation du vivant au niveau moléculaire que j’évoquais ci-dessus. En venant ici, mon but principal était d’apprendre comment découvrir de tels principes. De plus, le Prof. Alon est un chercheur qui réfléchit beaucoup au côté humain de la recherche, tant pour se gérer soi-même que dans l’animation d’une équipe de recherche. J’ai pensé que ce serait bon d’avoir un modèle pour m’en inspirer.

Ma venue en Israël a par ailleurs été motivée par l’envie d’une nouvelle expérience à l’étranger. C’était une chance de venir passer quelques années au Moyen-Orient, pour découvrir la culture israélienne et la culture juive qui m’étaient toutes deux étrangères. J’étais attiré par l’idée de m’essayer à l’hébreu, tant pour son côté mystérieux que parce que c’est une langue complètement différente des langues européennes. L’accès immédiat à la culture arabe en Israël (1 israélien sur 5 est arabe), aux territoires palestiniens, à l’Egypte et à la Jordanie – accessible en quelques heures via deux bus interurbains –  était aussi un grand plus. Enfin, c’est bien plus près que les Etats-Unis !

Comment percevez-vous cette expérience ?

C’est une expérience forte. Les aspects positifs de la culture méditerranéenne tels que les relations interpersonnelles chaleureuses, la gastronomie et le soleil cohabitent avec des centres de recherche de renommée mondiale : en termes de citations par article, l’Institut Weizmann est dans le top 10 mondial, juste derrière les grandes universités américaines. C’est comme si on avait déplacé le MIT sur une île grecque.

C’est inspirant d’avoir tant de chercheurs renommés et leurs étudiants dans un rayon de quelques minutes autour de son bureau. Une question sur les protéines membranaires de bactéries ? Il suffit d’un email et voilà un rendez-vous avec un expert mondial sur la question. Curieux de comprendre mieux comment la cryptographie fonctionne ? L’inventeur du RSA et de la cryptographie différentielle donne justement un cours sur le sujet. Etc. Et plus besoin d’aller à des conférences : des chercheurs du monde entier viennent présenter leurs travaux ici, et ce dans un large panel de disciplines.

Il y a aussi des aspects plus difficiles, principalement liés au conflit. Au quotidien, le conflit paraît bien distant vu des pelouses manucurées de l’Institut ou des terrasses des cafés de Tel Aviv, mais il en reste pourtant proche, comme les 8 semaines de la dernière guerre de 2014 l’ont rappelé. Si aujourd’hui le risque physique est actuellement négligeable pour la majeure partie du territoire israélien, pendant les périodes de crise, c’était psychologiquement dur de savoir que les maisons s’écroulaient et que les gens mouraient à même pas 50 km au sud de l’Institut, un fait que les alertes aux missiles venaient rappeler, parfois plusieurs fois par jour. En dehors de ces crises, le conflit présente aussi des opportunités de lire, de discuter, d’écouter pour comprendre, et parfois de s’engager à son niveau.

En quoi ce post-doc à l’Institut Weizmann est-il bénéfique à votre carrière ?

Il m’a aidé à créer un profil de chercheur convaincant, qui, je l’espère, me permettra d’ouvrir mon laboratoire en Europe d’ici 1 ou 2 ans. J’ai pu publier mes travaux dans des journaux scientifiques réputés et acquérir de nouvelles compétences dans différents domaines, de la biologie aux mathématiques en passant par l’informatique et la physique. J’ai également appris à mieux écrire scientifiquement (ce qui m’aidera à mieux partager mes résultats de recherche et à trouver des fonds pour financer mes projets), ainsi qu’à encadrer des étudiants et à enseigner dans un environnement différent. Enfin, il m’a donné le temps d’explorer différentes directions de recherche pour mon futur laboratoire.

Quelles sont, selon vous, les spécificités de la recherche en Israël par rapport à la France et par rapport au reste du monde ?

C’est difficile pour moi de parler d’Israël en général car j’ai uniquement travaillé à l’Institut Weizmann. Il y a bien sûr d’autres institutions renommées comme le Technion, l’Université hébraïque de Jérusalem, et d’autres, qui ont leurs propres atouts. Sur les spécificités de la recherche à l’Institut Weizmann, je retiens trois éléments :

  • Peu de hiérarchie : les relations d’autorité sont quasiment absentes au sein du laboratoire, de l’étudiant en master au post-doctorant. Chacun a plus ou moins d’expérience, mais au final, c’est ce qui est dit qui importe scientifiquement, pas qui le dit. Le peu de formalité vestimentaire en vigueur dans les universités israéliennes (shorts, t-shirts, sandales) y est peut-être pour quelque chose ! De même, les chefs d’équipes titulaires sont facilement abordables et en général prêts à aider ou à prendre une demi-heure pour répondre aux questions d’un étudiant d’un autre laboratoire. Ils m’ont aussi souvent donné des idées pour ma recherche.
  • L’indépendance des jeunes chefs d’équipes après leur post-doc : le travail scientifique et éducatif des nouveaux chefs d’équipes est évalué par le directeur de Département tandis que les chefs d’équipes titulaires les évaluent après quelques années en vue d’une titularisation. Ces derniers n’interviennent cependant pas dans la gestion des laboratoires des jeunes chefs d’équipes qui sont complètement libres de fixer leur direction de recherche, de recruter des étudiants, de demander des fonds par exemple. C’est un système motivant pour un jeune chef d’équipe.
  • Une charge administrative très faible : l’Institut Weizmann est dirigé par des chercheurs pour des chercheurs. En conséquence, l’activité des chercheurs est bien moins régulée et contrôlée qu’en France, ce qui leur permet de se concentrer sur leurs recherches.

Au final, ce séjour à l’Institut Weizmann a été une expérience formatrice pour moi, et je recommanderais à tout futur post-doctorant qui songe à s’aventurer en dehors des sentiers battus nord-américains de considérer un post-doctorat en Israël.

 

Le Service de coopération scientifique et universitaire de l’Institut français en Israël remercie Monsieur Jean Hausser pour ses réponses et lui souhaite bonne chance pour ses futures recherches et aventures scientifiques !

Propos recueillis par Juliette Chauveau

CAFE DES SCIENCES #2 « La révolution des accélérateurs laser-plasma »

/ CAFE DES SCIENCES #2

« La révolution des accélérateurs laser-plasma » 

Café des sciences_1_2 CARREAprès avoir inauguré son premier Café des Sciences le 6 juillet dernier, l’Institut français d’Israël vous invite à la 2ème édition qui se tiendra le mardi 12 septembre. Rendez-vous à 19h30 au café Beit Kandinov à Jaffa pour tout comprendre des « accélérateurs laser-plasma » avec le professeur Victor Malka.

Le concept du “Café des sciences” est simple : décortiquer un sujet scientifique dans un lieu convivial où passionnés de science, curieux ou profanes peuvent discuter de sujets scientifiques vulgarisés avec des chercheurs et universitaires experts du domaine. Cette deuxième édition se concentrera sur les accélérateurs laser-plasma. Victor Malka, professeur au Département de physique de l’Institut Weizmann et Directeur de recherche CNRS au laboratoire d’Optique Appliquée de l’Ecole Polytechnique, nous fera ainsi entrer dans le monde de la physique et des particules, un monde parfois mystique aux yeux des non-spécialistes mais ayant d’innombrables enjeux et applications.

Grâce à de récentes recherches, les accélérateurs lasers-plasma ont permis de produire des faisceaux de particules et des rayonnements X en quelques mètres seulement, alors qu’un accélérateur traditionnel aurait dû mesurer plusieurs kilomètres pour y parvenir. D’où l’intérêt de mieux comprendre cet univers : comment est-il possible de produire ces électrons et ces rayonnements X ? Comment une telle intensité énergétique a-t-elle pu être atteinte sur des distances si courtes ? Ce sont les questions auxquelles Victor Malka répondra. Au-delà de la technologie, il nous expliquera également les nombreuses perspectives et applications pour l’avenir que ce soit pour détecter des fissures dans les cuves des centrales nucléaires, obtenir des clichés médicaux avec une résolution sans précédent ou traiter des tumeurs par radiothérapie.

Le Café des Sciences est un événement proposé et organisé par l’Institut français d’Israël à l’initiative de cinq jeunes chercheurs français, intégrés dans des laboratoires israéliens. De nouveaux rendez-vous du Café des Sciences seront proposés tous les deux mois environ, occasion pour un ou deux scientifiques de partager leurs travaux et rendre accessible la recherche française et israélienne à tous les publics, valorisant la coopération de nos deux communautés scientifiques.

L’hôpital Sheba, le plus grand centre médical d’Israël – Visite d’Hélène Le Gal, Ambassadrice de France en Israël

/ MEDICAL

L’hôpital Sheba, le plus grand centre médical d’Israël  

Visite d’Hélène Le Gal, Ambassadrice de France en Israël

L’Ambassadrice de France en Israël, Hélène Le Gal, s’est rendue le 6 juillet 2017 au Centre médical Sheba  à Ramat Gan. Elle s’est entretenue avec son Directeur adjoint, le Prof. Arnon Afek, afin de découvrir les différentes activités de cet hôpital fondé en 1948 et devenu le plus grand centre médical d’Israël. Près de 7,500 professionnels de la santé y travaillent et fournissent près de quatre millions de traitements et de tests médicaux à plus d’un million de patients chaque année. De nombreuses spécialités y sont dispensées : cardiologie, cancérologie, maladies cérébrales, gynécologie, pédiatrie…. Hélène Le Gal a notamment visité l’hôpital pédiatrique et a pu échanger avec la Prof. Annick Rothschild, directrice du centre des maladies rares.

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L’Ambassadrice de France en Israël, Hélène Le Gal, en visite à l’hôpital Sheba ©Ambassade de France en Israël 2017

L’hôpital Sheba accueille également le plus grand centre de simulation médicale d’Israël : le Centre National israélien pour la simulation médicale (Israel National Center for Medical Simulation ou MSR), qui forme et entraîne chaque année plus de 15,000 professionnels de la santé d’Israël et du monde entier. Hélène Le Gal s’est ainsi entretenue avec Yotam Bareis, Directeur adjoint des opérations de MSR, pour échanger sur les enjeux d’un tel centre de simulation. Troisième cause de mortalité après les maladies cardiovasculaires et le cancer, les erreurs médicales sont en effet une problématique majeure pour les professionnels de la santé. Il convient donc de mettre en place des mesures permettant de réduire la fréquence et les conséquences de ces erreurs. Yotam Bareis a ainsi expliqué le modèle de MSR, basé sur des exercices de simulation utilisant des mannequins mais également des acteurs professionnels venant mettre à l’épreuve des médecins sur tous types de scénario auxquels ils pourraient être confrontés dans leur vie professionnelle.

Barbara Wolffer, Directrice de l’Institut français d’Israël, Philippe Pucheu, Expert français en mission à l’hôpital Ichilov sur la gestion des attentats par les hôpitaux et Anne Haziza, Chargée de mission scientifique et universitaire à l’Ambassade de France en Israël, ont également pris part à cette visite afin d’identifier de futurs projets de collaboration avec la France. En effet, depuis la visite en 2016 de Marisol Tourraine, alors Ministre de la Santé en France une dynamique a été impulsée pour renforcer la coopération franco-israélienne dans le domaine de la santé. Des projets de coopération dans le domaine de la gestion des attentats par les hôpitaux et dans les big datas ont notamment déjà été initiés.

Lancement cet été du satellite franco-israélien VENµS Jean-Yves Le Gall, président du CNES, à Israel Aerospace Industries pour la célébration officielle le 25 mai 2017

/ ESPACE

Lancement cet été du satellite franco-israélien VENµS

Jean-Yves Le Gall, président du CNES, à Israel Aerospace Industries pour la célébration officielle le 25 mai 2017

Logo 1Le 25 mai 2017, le micro-satellite d’observation de la végétation franco-israélien VENµS a quitté les locaux d’Israel Aerospace Industries (IAI), près de l’aéroport Ben-Gourion, pour Kourou en Guyane d’où il sera lancé par l’entreprise française Arianespace. Cela marquera le retour d’Israël en Guyane, le dernier lancement d’un satellite israélien remontant à plus de 20 ans : Amos 1 en 1996 ! A cette occasion, Jean-Yves Le Gall, président du Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), Ofir Akunis, ministre israélien de la Science, de la Technologie et de l’Espace, Avi Blasberger, directeur de l’agence spatiale israélienne (ISA) et Yossi Weiss, PDG d’IAI, ont présidé une cérémonie dans les locaux d’IAI autour de l’événement.

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Le microsatellite VENµS, entreposé à IAI, juste avant son départ pour Kourou en Guyane

Le projet VENµS s’inscrit dans une longue coopération entre le CNES et l’ISA entamée en 1994, le premier accord concernant ce lancement datant de 2005. VENµS est un microsatellite de 280kg, construit à l’usine spatiale d’IAI par les agences spatiales en collaboration avec les entreprises israéliennes Elbit et Rafael. Cette mission a deux objectifs :

-sur le plan scientifique, suivre l’évolution de la végétation sous l’effet de facteurs environnementaux et humains via la prise d’images à très haute résolution.

– sur le plan technologique, VENµS effectuera des tests pour qualifier une nouvelle technologie israélienne, un système de propulsion électrique – la majorité des systèmes de propulsion actuels étant chimiques, bien plus chers et nécessitant du carburant embarqué. Moins puissante, la propulsion électrique se justifie pour des petits satellites, le gain de poids qu’elle engendre permettant d’embarquer davantage d’équipements. C’est une tendance qui se développe de plus en plus : des microsatellites, plus nombreux, à moteur électrique ! Selon le CNES, cela représente l’avenir.

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De gauche à droite : Yossi Weiss, PDG d’IAI, Jean-Yves Le Gall, président du CNES, Ofer Akunis, ministre de la science, de la technologie et de l’espace israélien et Avi Blasberger, directeur de l’ISA.

VENµS restera donc en orbite, à différentes altitudes, pendant environ 5 ans, pour remplir ces objectifs. En tout, plus de 100 sites d’intérêts pour la végétation, la foresterie, l’agriculture, ou la qualité des strates d’eau seront pris en photo tous les 2 jours. Ces sites ont été choisis tout autour de la planète – environ 25 aux Etats-Unis, 8 au Brésil, 5 en France, des sites en Israël… La caméra portée par le satellite n’est pas seulement à très haute résolution : il s’agit également d’une caméra hyperspectrale, à savoir capable de capter, en plus de l’image, le spectre électromagnétique de ce qu’elle photographie. Chaque objet reflétant ou émettant des rayonnements électromagnétiques fonction de sa structure ou composition chimique, ces informations pourront être obtenues après analyse à partir des clichés pris par le satellite.

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La salle de contrôle du satellite VENµS

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Un concours a été lancé pour le meilleur design d’un logo représentant la mission VENµS dans son ensemble : c’est celui-ci qui a remporté le 1e prix et sera utilisé.

Grâce à cette formidable technologie, VENµS pourra fournir à de nombreux scientifiques d’importantes données à analyser afin de développer des systèmes d’alerte précoce sur l’état des cultures et la disponibilité en eau dans une perspective de gestion durable des territoires et de sécurité alimentaire. A l’heure où les problématiques environnementales et le suivi du réchauffement prennent une importance cruciale, nous pouvons nous féliciter de cette coopération franco-israélienne exemplaire impliquant le meilleur de nos expertises scientifiques et techniques.

Le Café des Sciences

/ SCIENCES

Le Café des Sciences
Microbiote intestinal : l’organe longtemps oublié
Une discussion animée par les professeurs Ilana Zilber-Rosenberg et Eugene Rosenberg
Jeudi 6 juillet , 20h
“Beit Kandinov”, HaTsorfim Street 14, Tel Aviv-Yafo

L’Institut français d’Israël désormais un “Café des Sciences” pour décortiquer un sujet scientifique dans un lieu convivial où les passionnés et amateurs de science pourront discuter de sujets scientifiques, directement avec des chercheurs et universitaires experts dans leur domaine, mais selon une approche vulgarisée, permettant une discussion ouverte et accessible à tous.

La première rencontre est animée par les professeurs Ilana Zilber-Rosenberg et Eugene Rosenberg, experts en microbiologie environnementale appliquée Ils discuteront le rôle du microbiote et les incidences des dernières avancées scientifiques.

Microbiologistes réputés, , Ilana Zilber-Rosenberg et Eugene Rosenberg présenteront leurs travaux concernant la flore intestinale ou microbiote, ce groupe unique de bactéries qui habite notre corps. L’étude approfondie du microbiote a remis en question nos connaissances médicales ou nutritionnelles, et notamment les théories de l’évolution.

Le sujet abordé mettra en perspective la place et le rôle unique du microbiote dans notre organisme. Cette flore intestinale, constituée de plus de bactéries que nous n’avons de cellules dans notre corps entier, a une telle importance et de si nombreux rôles, que l’on n’hésite pas aujourd’hui à parler « d’organe », voire « d’organe » vital.

En effet, le microbiote joue un rôle fondamental dans la digestion, la protection contre les mauvaises bactéries ou encore l’éducation de notre système immunitaire.Et comme tout « organe », lorsque celui-ci ne fonctionne pas correctement, les conséquences sont lourdes : inflammation, infections, carences, mais aussi troubles hormonaux ou comportementaux, voire même diabète, obésité, ou maladies neuro-dégénératives.

Même si les études se focalisent essentiellement sur le microbiote de l’homme, tous les animaux, plantes et êtres composés de plusieurs cellules en sont aussi dotés. Ce lien unique entre les bactéries et leur hôte soulève donc des questions sur le rôle de la flore dans l’évolution des espèces. En effet, si l’on sait aujourd’hui que l’ADN des cellules a joué un rôle primordial dans l’évolution, quels rôles ont joué, et jouent encore, les myriades de gènes présents dans l’ADN des bactéries du microbiote ? Ce sont les questions – fondamentales – que se sont posées Ilana Zilber-Rosenberg et Eugene Rosenberg et auxquelles ils répondront lors de cette première rencontre.

Le Café des Sciences est un événement proposé et organisé par l’Institut français d’Israël à l’initiative de cinq jeunes chercheurs français, intégrés dans des laboratoires israéliens. De nouveaux rendez-vous du Café des Sciences seront proposés tous les deux mois environ, occasion pour un ou deux scientifiques de partager leurs travaux et rendre accessible la recherche française et israélienne à tous les publics, valorisant la coopération de nos deux communautés scientifiques.