Chaque année, le Programme Hubert Curien (PHC) MAIMONIDE finance des programmes de recherche bilatéraux franco-israéliens autour de deux thématiques préalablement choisies par un comité d’experts – le Haut Conseil franco-israélien pour la science et la Technologie (HCST). L’une des thématiques retenues cette année – « Humanités Numériques » – a fait l’objet d’un colloque du 27 février au 1er mars 2017 au hall Maiersdorf à l’Université Hébraïque de Jérusalem ainsi qu’au Centre de recherche français de Jérusalem (CRFJ). Il a réuni chercheurs français et israéliens.

IMG-20170425-WA0005

Alexander Bligh, directeur scientifique du MOST, ouvre le colloque le 27 février au Hall Maiersdorf de l’Université hébraïque de Jérusalem

 

C’est la première fois qu’une thématique de sciences humaines et sociales (SHS) est sélectionnée dans le cadre de l’appel à projet PHC MAIMONIDE, ont mentionné Alexander Bligh, directeur scientifique du Ministère Israélien de la Science, de la Technologie et de l’Espace (MOST), et Sébastien Linden, attaché de coopération scientifique et universitaire de l’Ambassade de France en Israël à l’occasion de l’ouverture du symposium. Les humanités numériques peuvent être définies comme l’application du savoir-faire des technologies de l’information aux questions de sciences humaines et sociales, en faveur de la diffusion, du partage et de la valorisation du savoir. Une thématique de SHS intégrative puisqu’au croisement de l’informatique et des arts, lettres, sciences humaines et sciences sociales.

Le symposium, réunissant des spécialistes pluridisciplinaires, a pour cette occasion été allongé à 2 jours.

 

Parmi les experts participants au colloque, nous citerons :

  • Daniel Stoekl-Ben Ezra, directeur d’études de l’ancien hébreu et de l’araméen, ainsi que de littérature à l’école pratique des hautes études et directeur de son programme d’humanités numériques. Ses publications portent sur les parchemins de la Mer Morte, la littérature rabbinique ancienne et sur les relations judéo-chrétiennes. Il coordonne également Thales, une base de donnée de lectionnaires – recueils liturgiques, et est co-éditeur de la Mishna, une compilation écrite des lois orales juives.
  • Laurent Romary dirige DARIAH (Digital Research Infrastructure for the Arts and Humanities), un réseau pan-européen rassemblant les chercheurs en arts et en sciences humaines qui travaillent avec des méthodes numériques. Par le passé Laurent Romary a conduit des projets de recherche sur le dialogue homme-machine, la gestion de documents plurilinguaux et d’ingénierie linguistique.
  • Sinaï Rusinek, chercheur à l’Institut Van Leer de Jérusalem, y étudie l’histoire des concepts, mais coordonne également divers projets israéliens d’humanités numériques : elle a fondé le site « Digital Humanities Israël » (Ruach Digital), un réseau de chercheur promouvant l’expansion de ce domaine en Israël. Elle est également consultante pour le directeur de JPRESS (Historical Jewish Press Website), enseigne les humanités numériques à l’Université Hébraïque de Jérusalem et à l’Université de Bar-Ilan, et coordonne la mise en place d’une licence d’humanités numériques à l’Université de Haifa. Elle met en place enfin dans la bibliothèque de cette dernière le projet Desir, visant à faire la promotion de l’utilisation de DARIAH dans le domaine des sciences humaines.
IMG-20170425-WA0009

Le Prof. Julien Loiseau, directeur du CRFJ, ouvre la dernière session du colloque “Humanités Numériques”

 

Ces chercheurs ont mis au point un programme diversifié et passionnant – 6 chercheurs français et 9 chercheurs israéliens ont présenté devant un public académique leur travail et animé des tables rondes sur des thèmes variés – la diversité des infrastructures d’humanités numériques, la digitalisation des textes anciens et religieux en particulier, la bibliothèque face aux humanités numériques et les futurs défis de l’enseignement et de la dissémination des humanités numériques, pour ne citer qu’une partie des thèmes abordés.

 

Le symposium s’est terminé par une dernière session le 1er mars au Centre de Recherche Français à Jérusalem (CRFJ), puis par une conférence ouverte au public du Prof. Stoekl-Ben Ezra sur l’étude des cycles bibliques juifs et chrétiens via l’outil numérique Thalès. Le directeur du CRFJ, Julien Loiseau, et les responsables du MOST ont été ravis de cette première collaboration sur un évènement scientifique franco-israélien et songent à renouveler l’expérience.

IMG-20170425-WA0007

Le colloque “Humanités Numériques” au Centre de Recherche Français de Jérusalem (CRFJ)

 

Par ailleurs, les échanges entre scientifiques français et israéliens ont été vifs et nombreux, et l’on espère que les synergies entre les laboratoires de nos deux pays en sortiront renforcées. Tout nous porte à penser que de nouvelles collaborations vont émerger – de nombreux projets de recherches de qualité sont attendus dans le contexte du lancement de l’appel à projet franco-israélien PHC Maimonide 2018-2019, mais également de manière plus générale nous espérons avoir contribué à l’intégration de la communauté scientifique israélienne dans les réseaux de recherche d’humanités numériques européens.