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Ph. “Révolutions numériques” à l’Université de Tel Aviv Crédits : Solal Fakiel

A l’occasion d’un cycle de conférences sur le thème du numérique, du 27 au 30 septembre 2016, l’Institut français d’Israël a accueilli le Professeur Dominique Cardon, chercheur au Medialab à Sciences Po. Ce centre de recherche a été créé en 2009 pour aider les sciences sociales et humaines à tirer le meilleur profit de la masse de données rendues disponibles par la numérisation, en alliant des expertises en sciences du social, ingénierie des données numériques et design de l’information.

« Révolutions numériques : quel impact sur la démocratie ? », organisé le 28 septembre en partenariat avec l’Association des Amis Francophones de l’Université de Tel-Aviv, a ouvert le débat sur la conséquence de l’interactivité exacerbée que permet Internet. Animé par Jérôme Bourdon, professeur au département de communication de l’Université de Tel-Aviv, ce débat à eu lieu entre Dominique Cardon, Tamar Ashuri, chercheur à la faculté de sciences sociales de l’Université de Tel-Aviv, et Mary Loitsker, community manager à l’ « Hasadna », l’Atelier pour l’Information Publique, une plateforme web mise en place par des volontaires afin d’améliorer la transparence gouvernementale et de rendre du pouvoir d’action aux citoyens.

Le débat avec le public a permis d’approfondir la question : l’implication de la société civile dans le débat public, son organisation en réseaux, le suivi voire la surveillance de la vie politique – budget de l’état, action des parlementaires -, la démocratie directe et in fine l’augmentation de l’impact de chaque citoyen dans le débat public.

L’ensemble de la conférence est en ligne sur Youtube.

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Ph. Dominique Cardon Crédits : Alexandre Superville

Dominique Cardon, lors d’une deuxième conférence à l’Institut français le 29 septembre, a présenté son dernier livre « A quoi rêvent les algorithmes ? » et par là même nous a emmenés à la découverte de ces programmes qui nous traquent sur le web et nous enferment dans une représentation figée. « En les comprenant mieux, l’utilisateur reprend le contrôle » assure le chercheur. Difficile cependant d’accéder aux contenus des algorithmes secrets qui font la fortune de Google ou de Facebook – il est pourtant possible de mettre à jour leurs caractéristiques principales en observant leurs réactions, comme des sujets d’étude classiques. Le message est rassurant : tomber dans la paranoïa est inutile, car les capacités des algorithmes seraient bien inférieures à celles fantasmées dans les fictions les plus inquiétantes. Il faudrait cependant brouiller les pistes sur Internet, en adoptant un « comportement atypique » conclut Dominique Cardon – laisser une place à l’incohérence dans nos choix de suivi de pages ou d’activités par exemple, se démarquer de notre groupe social, « avoir des amis de droite lorsqu’on est de gauche ».

Cette conférence proposée par l’Institut français de Tel Aviv en traduction simultanée hébreu/français a accueilli un large public francophone et israélien. L’affluence du public et l’abondance des questions qui ont été posées a posteriori de la présentation de Dominique Cardon témoignent de l’enjeu de cette « traque » digitale et des inquiétudes qu’elles suscitent.