COOPERATION UNIVERSITAIRE

Le rôle d’Erasmus Plus dans la coopération avec Israël

Suite à l’appel à projet de l’Agence Erasmus Plus en 2017, Sciences Po Bordeaux bénéficiera d’un financement Erasmus+ pour les deux années à venir avec ses deux partenaires israéliens, l’Université Ben Gourion du Néguev et le Centre Interdisciplinaire d’Herzliya (IDC). Le service de coopération scientifique et universitaire de l’Ambassade de France en Israël s’est entretenu avec Ludovic Renard, Directeur des Relations internationales de Sciences Po Bordeaux, pour comprendre les choix et les enjeux de cette coopération.

Photo Ludovic Renard

Ludovic Renard, Directeur des Relations internationales de Sciences Po Bordeaux

  •  Pourquoi avoir choisi d’intégrer des établissements israéliens dans votre stratégie d’internationalisation ?

LR : Parce que le système universitaire israélien est de tout premier plan à l’échelle mondiale. On trouve en Israël des établissements de très grande qualité, disposant des meilleurs standards internationaux en matière d’accueil des étudiants étrangers, de pédagogie inclusive, et naturellement de recherche, une vraie plus-value de ce pays.

S’agissant de Sciences Po Bordeaux, cette stratégie d’internationalisation en direction d’Israël remonte au milieu des années 2000. Nous avons d’abord misé sur l’accueil régulier de collègues israéliens, via la création d’une chaire d’enseignement sur la société israélienne à Sciences Po Bordeaux, la chaire Michel Vaisan. Puis nous avons été à la rencontre de nos deux partenaires, l’Université Ben Gourion du Neguev (BGU) à Beer Sheva et l’Interdisciplinary Center (IDC) d’Herzliya, afin de structurer dans un premier temps nos partenariats autour des échanges d’étudiants et d’enseignants-chercheurs.

Très vite nous avons envisagé de déposer une demande de financement auprès de l’Agence afin de bénéficier des fonds Erasmus +. Ce fut chose faite une première fois avec BGU, sans succès, notre candidature ayant été retenue mais non financée. Puis nous avons présenté à nouveau une proposition, cette fois-ci avec IDC également, et notre projet est aujourd’hui financé.

  • Pensez-vous que l’attribution d’un financement Erasmus+ joue un rôle important pour renforcer une coopération ?

LR : Tout à fait. Il y a, comme vous le savez, un déséquilibre dans les échanges entre nos deux pays : la France est le 2e pays d’origine des étudiants internationaux en Israël, alors que dans le même temps, les établissements français semblent moins attractifs aux étudiants israéliens que ceux d’autres pays dans le monde. Si plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation, il y en a un qui a son importance, c’est celui du manque de bourses dont disposent, de manière générale, les établissements français. Il est admis désormais, dans le marché concurrentiel des études supérieures à l’échelle mondiale, qu’un étudiant qui dispose d’un vaste choix de formations et de destinations soit fondé à demander à l’établissement qui souhaite le recruter quelles sont les bourses ou aides à la mobilité internationale auxquelles il peut prétendre. Il est souhaitable alors qu’elles soient attractives.

Au-delà de cet aspect financier qui concerne spécifiquement les mobilités étudiantes entrantes, l’obtention d’un financement est le gage d’une volonté forte et étayée de partenariat, un « sésame » pour une reconnaissance en interne et vers l’extérieur du projet qui aura mobilisé sur plusieurs mois un ou des enseignants et le staff administratif des services de scolarité et des Relations internationales.

  • Quels sont vos projets de collaboration avec Israël pour les mois ou années à venir ?

LR : Nous allons poursuivre et, grâce au soutien d’Erasmus +, amplifier les échanges d’enseignants et d’étudiants. Nous étions parvenus, ces dernières années, à attirer des étudiants israéliens dans nos programmes d’échanges (grâce en particulier à notre « English Track »), mais nous comptons naturellement sur le programme Erasmus + pour intensifier les flux. Notre objectif est de créer des échanges étudiants réguliers en 1er et 2e cycles, motivés par des options académiques et de recherche identifiées pour nous orienter ensuite vers une ou des formations bilatérales diplômantes s’appuyant sur ces options.

Nous misons enfin sur le professionnalisme et l’imagination de nos partenaires israéliens, l’appui des équipes du poste diplomatique et de l’Institut Français à Tel Aviv, qui ont joué un rôle important dans la réussite de notre projet européen, notamment en associant Sciences Po Bordeaux aux Journées Campus France Israël, pour contribuer, à Bordeaux, au développement de la coopération universitaire et scientifique entre la France, l’Europe et Israël en matières de sciences politiques, humaines et sociales.

Propos recueillis par : Anne Haziza