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La 12e conférence spatiale Ilan Ramon en Israël a reçu Jean-Yves Le Gall, président du Centre National d’Etudes Spatiales et l’astronaute français Jean-Jacques Favier

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L’astronaute français Jean-Jacques Favier avec des élèves israéliens au musée Eretz Israel de Tel-Aviv

Une fois par an, à l’approche de l’anniversaire de l’accident de la navette Columbia qui couta la vie au premier astronaute israélien Ilan Ramon, l’Agence Spatiale Israélienne (ISA) ainsi que le Ministère Israélien de la Science, de la Technologie et de l’Espace (MOST) organisent une conférence rassemblant la communauté scientifique spatiale israélienne, des figures de l’industrie, des responsables gouvernementaux, des militaires et des dirigeants d’agences spatiales d’autres pays. Cette année la conférence s’est déroulée les 30 et 31 janvier à Herzilya.

Jean-Yves Le Gall, président du Centre National français d’Etudes Spatiales, et Jean-Jacques Favier, 6e français a avoir effectué une mission dans l’espace, étaient présents à cet évènement. Jean-Yves Le Gall a accepté de répondre à nos questions sur la coopération franco-israélienne actuelle dans le domaine spatial.

Pourquoi estimez- vous important d’être présent à cette conférence Ilan Ramon ? 

La conférence Ilan Ramon est une rencontre annuelle qui rassemble un grand nombre d’acteurs du domaine spatial, venus du monde entier et durant laquelle sont abordés des sujets aux enjeux cruciaux pour l’avenir.

Elle a bien sûr une valeur symbolique puisqu’elle permet de rendre hommage chaque année au premier astronaute israélien, Ilan Ramon, qui a perdu la vie, en héros, lors de son retour sur Terre à bord de la navette Columbia en 2003. Et c’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur au moment où l’astronaute français Thomas Pesquet, séjourne dans la station spatiale internationale.

Cette année, c’est un grand honneur d’être invité à m’exprimer sur un sujet emblématique, celui des bénéfices apportés à l’humanité toute entière par la science et l’exploration. Nous sommes dans une ère où nous cherchons à repousser sans cesse les frontières de l’univers et à développer toujours plus la connaissance grâce à des missions ambitieuses qui nécessitent des technologies de pointe et une vision à long terme.

Quel est l’intérêt du CNES à développer des projets avec l’Agence Spatiale Israélienne (ISA) ?

La France coopère avec Israël dans le domaine spatial depuis 1994. C’est une coopération ancienne et durable, aujourd’hui centrée autour du programme Venµs, une mission dédiée au suivi de la végétation et scientifiquement innovante car elle devrait permettre de mieux comprendre les cycles de la végétation et l’influence du changement climatique.

Le niveau de compétence de l’industrie spatiale israélienne est mondialement reconnu et en fait un partenaire majeur pour le CNES. Israël a ainsi développé un grand nombre de technologies de pointe pour le secteur spatial et ses ingénieurs d’un niveau remarquable nous permettent de travailler conjointement sur un certain nombre d’activités bénéfique pour nos deux pays.

Où en est le projet de lancement du satellite franco-israélien Venµs ?

Le projet est pratiquement prêt au lancement puisque la livraison du satellite est prévue en février 2017. Je viens d’ailleurs de visiter les installations de la société Israel Aerospace Industries (IAI) où j’ai vu Venµs pour la dernière fois avant sa mise en container et son départ pour le Centre Spatial Guyanais où nous procèderons à son lancement vers le milieu de l’année.

Le lancement de Venµs marquera le retour d’Israël en Guyane, le dernier lancement d’un satellite israélien remontant à plus de 20 ans : nous avions alors lancé Amos 1 avec un lanceur Ariane 4 !

Les grands axes de la coopération spatiale franco-israélienne post-Venµs sont-ils déjà définis ? Quels sont-ils ?

Le CNES et l’ISA étudient une nouvelle mission conjointe autour des questions liées au changement climatique, avec un objectif de lancement à court terme. Plusieurs concepts sont en cours d’analyse, en associant les communautés scientifiques concernées dans les deux pays. Nous devrions pouvoir engager ces travaux dans le courant de 2017.

Sixième français à être allé dans l’espace, l’astronaute Jean-Jacques Favier était présent à la conférence spatiale Ilan Ramon. Dans le cadre de la semaine de l’espace, il a également participé à plusieurs évènements pour partager son expérience et sa passion : au Musée Eretz Israel de Tel-Aviv et au Musée des Sciences Bloomfield de Jérusalem, il  a rencontré plusieurs groupes d’enfants d’écoles primaires et collèges israéliens, devant lesquels il a donné six conférences de 20 minutes suivies de questions. Il a également donné une conférence devant les étudiants du programme de recherche spatial israélien.

 

Photos : Crédit Alexandre Superville / IAI