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Lancement cet été du satellite franco-israélien VENµS

Jean-Yves Le Gall, président du CNES, à Israel Aerospace Industries pour la célébration officielle le 25 mai 2017

Logo 1Le 25 mai 2017, le micro-satellite d’observation de la végétation franco-israélien VENµS a quitté les locaux d’Israel Aerospace Industries (IAI), près de l’aéroport Ben-Gourion, pour Kourou en Guyane d’où il sera lancé par l’entreprise française Arianespace. Cela marquera le retour d’Israël en Guyane, le dernier lancement d’un satellite israélien remontant à plus de 20 ans : Amos 1 en 1996 ! A cette occasion, Jean-Yves Le Gall, président du Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), Ofir Akunis, ministre israélien de la Science, de la Technologie et de l’Espace, Avi Blasberger, directeur de l’agence spatiale israélienne (ISA) et Yossi Weiss, PDG d’IAI, ont présidé une cérémonie dans les locaux d’IAI autour de l’événement.

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Le microsatellite VENµS, entreposé à IAI, juste avant son départ pour Kourou en Guyane

Le projet VENµS s’inscrit dans une longue coopération entre le CNES et l’ISA entamée en 1994, le premier accord concernant ce lancement datant de 2005. VENµS est un microsatellite de 280kg, construit à l’usine spatiale d’IAI par les agences spatiales en collaboration avec les entreprises israéliennes Elbit et Rafael. Cette mission a deux objectifs :

-sur le plan scientifique, suivre l’évolution de la végétation sous l’effet de facteurs environnementaux et humains via la prise d’images à très haute résolution.

– sur le plan technologique, VENµS effectuera des tests pour qualifier une nouvelle technologie israélienne, un système de propulsion électrique – la majorité des systèmes de propulsion actuels étant chimiques, bien plus chers et nécessitant du carburant embarqué. Moins puissante, la propulsion électrique se justifie pour des petits satellites, le gain de poids qu’elle engendre permettant d’embarquer davantage d’équipements. C’est une tendance qui se développe de plus en plus : des microsatellites, plus nombreux, à moteur électrique ! Selon le CNES, cela représente l’avenir.

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De gauche à droite : Yossi Weiss, PDG d’IAI, Jean-Yves Le Gall, président du CNES, Ofer Akunis, ministre de la science, de la technologie et de l’espace israélien et Avi Blasberger, directeur de l’ISA.

VENµS restera donc en orbite, à différentes altitudes, pendant environ 5 ans, pour remplir ces objectifs. En tout, plus de 100 sites d’intérêts pour la végétation, la foresterie, l’agriculture, ou la qualité des strates d’eau seront pris en photo tous les 2 jours. Ces sites ont été choisis tout autour de la planète – environ 25 aux Etats-Unis, 8 au Brésil, 5 en France, des sites en Israël… La caméra portée par le satellite n’est pas seulement à très haute résolution : il s’agit également d’une caméra hyperspectrale, à savoir capable de capter, en plus de l’image, le spectre électromagnétique de ce qu’elle photographie. Chaque objet reflétant ou émettant des rayonnements électromagnétiques fonction de sa structure ou composition chimique, ces informations pourront être obtenues après analyse à partir des clichés pris par le satellite.

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La salle de contrôle du satellite VENµS

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Un concours a été lancé pour le meilleur design d’un logo représentant la mission VENµS dans son ensemble : c’est celui-ci qui a remporté le 1e prix et sera utilisé.

Grâce à cette formidable technologie, VENµS pourra fournir à de nombreux scientifiques d’importantes données à analyser afin de développer des systèmes d’alerte précoce sur l’état des cultures et la disponibilité en eau dans une perspective de gestion durable des territoires et de sécurité alimentaire. A l’heure où les problématiques environnementales et le suivi du réchauffement prennent une importance cruciale, nous pouvons nous féliciter de cette coopération franco-israélienne exemplaire impliquant le meilleur de nos expertises scientifiques et techniques.