/ CAFE DES SCIENCES

Lancement du Café des Sciences – Première thématique : « Le Microbiote, un organe longtemps oublié? »

Image en microscopie électronique d’un microbiote humain (taille d’une bactérie : environ 1 à 2 microns, soit 0.001 à 0.002 mm)

Image en microscopie électronique d’un microbiote humain (taille d’une bactérie : environ 1 à 2 microns, soit 0.001 à 0.002 mm)

L’Institut français d’Israël a inauguré son premier “Café des Sciences”. Le concept ? Décortiquer un sujet scientifique dans un lieu convivial où les passionnés de science, simples curieux ou profanes, pourront discuter de sujets scientifiques, directement avec des chercheurs et universitaires experts dans leur domaine, mais selon une approche vulgarisée. Cette rencontre aura lieu environ tous les 2 mois.

Le jeudi 6 juillet à 20h, environ 35 personnes de différents horizons ont retrouvé l’équipe scientifique de l’Institut français au café Beit Kandinov à Jaffa pour tout comprendre du “microbiote” avec les professeurs Ilana Zilber-Rosenberg et Eugene Rosenberg. Ce microbiote désigne l’ensemble des bactéries vivant en symbiose avec un être vivant – toutes les plantes et tous les animaux en ont un. Chez l’humain, il est constitué d’environ 1014 bactéries, soit au moins autant de bactéries qu’il y a de cellules dans notre corps entier. Elles y constituent pour leur grande majorité (90%) la flore intestinale, les 10% étant dans la bouche et sur la peau.

La notion d’individus caractérisés par leur ADN ne serait donc plus pertinente : chaque être vivant serait un « holobionte », soit un ensemble composé d’un hôte (par exemple nous, avec notre génome d’être humain) et de son microbiote (dans notre cas, les bactéries vivant en symbiose avec nous dans notre intestin, sur notre peau…) disposant de son propre génome bactérien, bien plus fourni que celui de l’hôte. Ainsi, en plus de notre patrimoine génétique invarié, présent dans chacune des cellules de notre corps, les bactéries de notre microbiote ajouteraient leurs propres gènes, extrêmement divers. De plus, le microbiote peut être entièrement ou partiellement transmis entre individus, de génération en génération mais aussi par un contact : un simple baiser pourrait transférer jusqu’à 10 millions de bactéries ! Cela constitue un moteur puissant et rapide d’acquisition de nouveaux gènes, alternatif à la reproduction classique. Ces découvertes mettent ainsi en évidence un mécanisme permettant une complexification très amplifiée de l’évolution des être vivants.

L’importance de l’étude des gènes et mécanismes de transmission du microbiote est majeure puisqu’il a été démontré qu’il jouait un rôle fondamental pas seulement dans la digestion mais dans l’équilibre général de l’holobionte et notamment dans la protection contre les mauvaises bactéries, l’éducation de notre système immunitaire, la genèse de nutriments essentiels pour l’hôte, le stockage des graisses et la protection contre l’obésité. Il a même été démontré que la dysfonction du microbiote avait un impact sur le développement et le comportement !

Une conférence passionnante qui a suscité de nombreuses discussions avec le public. Nous espérons que cette rencontre sera suivie de beaucoup d’autres du même niveau scientifique.

Le prochain Café des Sciences, déjà en cours de préparation, devrait se tenir début du mois de septembre, sur le thème des accélérateurs lasers plasma.