/ EDUCATION

« L’éducation est à l’origine de tous les changements.» 

Deuxième conférence sur l’enseignement supérieur, ses opportunités et son accessibilité pour les étudiants arabes en Israël et à l’étranger

3 mai 2018

Nazareth

Raphaël Mercier, Directeur de l'Institut français de Nazareth sur le stand Campus France

Raphaël Mercier, Directeur de l’Institut français de Nazareth sur le stand Campus France

Le jeudi 3 mai 2018 se déroulait la deuxième conférence intitulée « Opportunités et accessibilité de l’enseignement supérieur pour les étudiants arabes dans le pays ou à l’étranger » organisée à Nazareth par le Follow-Up Committee on Arab Education en Israël. L’équipe Campus France Israël y était : une excellente occasion pour promouvoir les études en France et rencontrer les lycéens et étudiants arabes israéliens.

« L’éducation est au cœur des préoccupations et des intérêts de la population arabe israélienne car elle prépare nos futurs citoyens à la vie en société, leur permet de trouver leur identité personnelle et les insère dans le monde professionnel et social. » C’est par ces mots qu’a débuté la conférence organisée par le Follow-Up Committee on Arab Education, fondé en 1984 et ayant pour but d’assurer l’égalité d’accès à l’éducation à tous les niveaux pour la population arabe israélienne. Aux côtés des membres de ce comité, les représentants des Ambassades de Russie, des Etats-Unis, d’Italie, du Japon, d’Argentine, d’Allemagne, d’Espagne et de France ont pu y présenter les possibilités d’études en Israël et à l’étranger.

Il faut dire que, malgré les efforts du Gouvernement israélien[1] pour assurer l’accès des arabes israéliens à l’enseignement supérieur en Israël, la part des étudiants arabes dans les Universités israéliennes reste insuffisante : en 2017, seuls 16,1% des étudiants de premier cycle à l’Université étaient d’origine arabe (alors que la population arabe israélienne représente 26% de la population israélienne pour cette tranche d’âge). Cette fréquentation faible des Universités israéliennes s’explique en partie par le fait que la très grande majorité des cours est dispensée en hébreu, langue que les étudiants arabes ne maîtrisent pas toujours parfaitement. Par ailleurs, les intervenants ont déploré durant la conférence le manque de personnel d’origine arabe au sein des administrations et des corps enseignants des établissements d’enseignement supérieur israélien. La majorité de leurs collègues n’ont en effet pas « conscience du nombre et des particularités des étudiants arabes au sein de leurs établissements ». Ils affirment se sentir parfois « comme des étrangers dans [leur] propre pays » alors qu’ils sont « des citoyens de l’Etat d’Israël ».

Toutefois, les difficultés s’accompagnent d’espoir et de progrès : de nombreux programmes d’aides en faveur de l’éducation de la population arabe israélienne ont été mis en place (dons d’ordinateurs et accès internet, création de bourses, etc.) et les chiffres de fréquentation des universités israéliennes ne cessent d’augmenter (entre 2010 et 2017, augmentation de 78,5% selon le Conseil israélien pour l’enseignement supérieur).

Présentation des études en France par Sébastien Linden, Attaché de coopération scientifique et universitaire à l’Ambassade de France en Israël

Présentation des études en France par Sébastien Linden, Attaché de coopération scientifique et universitaire à l’Ambassade de France en Israël

D’après le Follow-up Committee, cela n’empêche pas la moitié des étudiants arabes israéliens de continuer à aller faire leurs études à l’étranger, notamment en Jordanie ou dans les pays d’Europe de l’Est. Quant à la France, elle leur propose un enseignement supérieur d’excellente qualité et financé (presque) entièrement par l’Etat français : ainsi l’étudiant, d’où qu’il vienne, déboursera seulement 184€ pour ses années de licence et 256€ pour ses années de master ; à moins qu’il ne bénéficie d’une bourse de couverture sociale qui couvrira également ces derniers ! Et si l’étudiant préfère étudier en anglais, il pourra choisir parmi les 1300 programmes proposés par les universités françaises. Il aura également la possibilité de se faire conseiller sur les études en France par l’équipe Campus France Israël : Raphaël Mercier à l’Institut français de Nazareth, Nathalie Khalifa à l’Institut français de Haïfa et Esther Lévy et Juliette Chauveau à l’Institut français de Tel Aviv.

« L’important c’est d’avoir le choix de faire ses études en Israël ou à l’étranger » comme le rappelle la dernière intervenante. Et de conclure : « Ayez confiance en vous ! ».

 

Rédaction : Juliette Chauveau

 

[1] Le Gouvernement israélien a financé un Programme de 300 millions de shekels (environ 69 millions d’euros) entre 2012 et 2016 pour combler le manque d’étudiants arabes israéliens au sein des Universités israéliennes.