ESPCI TAU VisuelLes 6 et 7 mars derniers s’est déroulé un colloque sur le thème de la « Matière Molle Biologique » à l’Institut Pierre Gilles de Gênes à Paris, coorganisé par l’UTA et l’ESPCI-Paris. Cet évènement est l’aboutissement d’une longue collaboration scientifique entre ces institutions qui partagent les mêmes objectifs d’excellence et d’innovation. Le Professeur Andelmann, du département de Physique et d’astronomie de l’UTA, et le directeur de l’ESPCI-Paris, le Professeur Joanny, ont ainsi voulu donner corps à leurs projets : la coopération a été matérialisée par la signature d’un accord développant un programme de cotutelle de thèse.

 

C’est le Prof. Elie Raphaël, du laboratoire Physico-chimie Théorique de l’ESPCI-Paris, qui a été à l’initiative de cet évènement, pensé comme un partage de connaissances entre les chercheurs israéliens et français. L’Association des amis français de l’UTA, sous l’impulsion de son Président François Heilbronn et de sa déléguée générale Danielle Schemoul, a également eu un rôle crucial dans l’organisation et le financement de cette rencontre.

 

Qu’est-ce que la « matière molle » ? On distingue habituellement trois états possibles pour la matière : solide, liquide ou gazeux. Mais cette classification est insuffisante pour étiqueter tout ce qui nous entoure. Ainsi, les termes de « matière molle » ou de « fluide complexe » désignent un état intermédiaire, par exemple les bulles de savon, les gels, les crèmes ou les boues. Ce sont des systèmes difficiles à caractériser – il le faut pourtant, notamment en biologie car beaucoup d’entre eux coexistent dans notre corps. Pour cela une multidisciplinarité – biologie, chimie et physique – est nécessaire. Deux jours intensifs de colloque ont permis à des spécialistes de chacun de ces domaines de partager leur expertise. Quelques exemples de fluides complexes  biologiques au programme :

  • Les réseaux neuronaux – ces cellules cérébrales et nerveuses se constituant en réseaux autour de polymères – assemblages de protéines constituants un « squelette cellulaire » considérés comme de la matière molle
  • La dynamique des membranes cellulaires, bicouche de graisses à la fluidité variable, et leur capacité à être internalisées dans la cellule pour former des vésicules de transport de matériel biologique
  • L’action d’enzymes, des protéines actives capables d’effectuer une réaction chimique sur une cible donnée, sur des réseaux de polymères, considérés comme matière molle

 

On peut comprendre que dans un domaine aussi complexe – étudier la dynamique des matériaux biologiques par un angle physique – les sujets soient pléthore et les possibilités d’interaction nombreuses. Ces deux jours ont ainsi fait émerger les points communs et complémentarités des recherches des deux institutions. Cette rencontre a été le terreau de projets communs se déclinant au niveau recherche et formations doctorales – dix scientifiques israéliens sont venus à Paris, et de nombreux chercheurs et jeunes chercheurs français de l’ESPCI ont assisté aux présentations.