/ COOPERATION SCIENTIFIQUE

Marc Azuelos, l’expert international de la France chargé des partenariats d’innovation technologique et Arthur Robin, étudiant de troisième cycle qui fait sa thèse de doctorat sur l’extraction des protéines alimentaires à partir des algues à l’Ecole des Sciences de l’Environnement sont deux exemples d’une coopération bilatérale qui fait de l’Université de Tel-Aviv un pivot entre la France et Israël.

Marc Azuelos est depuis le début de l’année 2017 l’expert en soutien aux partenariats d’innovation technologique entre la France et Israël, mandaté par le ministère français des Affaires étrangères, et siégeant en partie à l’Université de Tel-Aviv et en partie au service économique de l’Ambassade de France en Israël. Il est membre actif de l’équipe Innovation récemment formée au sein de l´Ambassade.

« Mon rôle est de participer à la promotion des partenariats entre la France et Israël dans le domaine de la Recherche et du Développement, de rechercher les meilleurs atouts de part et d’autres pour susciter les partenariats, puis de vérifier les fonds publics disponibles pour les projets innovants bilatéraux », explique-t-il.

Marc Azuelos a une formation d’ingénieur et 20 années d’expérience dans les domaines technologiques, en particulier dans les secteurs de l’énergie et de l’environnement. Après avoir fait son alyah en Israël en 2008, il a passé 7 ans chez Véolia Israël, en charge de l’innovation auprès du président, puis a rejoint la société israélienne de High-Tech, Orbotech.

Une trentaine de projets de partenariat

Selon lui, l’équipe travaille actuellement sur plus d’une trentaine de projets de sociétés intéressées à trouver un partenaire. « Une dizaine ont déjà trouvé et sont à présent à la recherche d’un financement » ajoute-t-il. Les domaines de partenariat privilégiés sont entre autres la cyber-sécurité, les transports intelligents, le biomédical, l’agriculture et l’alimentation.

L’équipe Innovation vient de plus de lancer début juin la nouvelle plateforme Internet France Israel R&D Partnership, dédiée aux projets de R&D franco-israéliens, dont le but est de permettre aux entreprises françaises et israéliennes de rechercher des partenaires technologiques ou des programmes de financement.

« Le site constitue un point de convergence, un guichet qui permet aux partenaires potentiels des écosystèmes des deux pays de se connecter, d’adresser des demandes de recherche de partenaire et de s’intéresser à des programmes de financement dans le domaine de la R&D », explique Marc Azuelos. L’équipe prend également part active aux manifestations publiques dans le domaine de l’innovation comme la DLD et la Cyberweek de l’Université de Tel-Aviv.

Depuis la création du poste en 2014, l’expert technique international de la France entretient des rapports particuliers avec l’Université de Tel-Aviv, spécialement avec ses structures liées à la promotion de l’innovation et des startups comme StarTAU, le centre d’entreprenariat de l’Université.

 

Marc Azuelos – Expert international de la France chargé des partenariats d’innovation technologique

 

Arthur Robin fait sa thèse de doctorat à l’Ecole des sciences de l’environnement de l’Université de Tel-Aviv, dans le laboratoire de bioénergie environnementale du Dr. Alex Goldberg, dans le cadre du programme de coopération franco-israélien “VI chercheur” (Volontariat international pour chercheur). Il étudie les algues marines, ou plus précisément l’extraction des protéines alimentaires pour l’alimentation humaine et animale à partir des algues.

Un sujet de recherche novateur

« Les algues sont des matières premières plus durables que le soja », explique-t-il. « Elles ont une productivité bien supérieure à celle des plantes terrestres, notamment en raison de leur cycle reproductif plus court. Le fait qu’elles soient cultivées en mer évite de plus la compétition pour l’usage de sols et les tensions avec les autres marchés des matières premières alimentaires ».

Originaire de Lyon, Arthur a fait son Master à l’Ecole supérieure d’agronomie et des industries alimentaires de Nancy. Il travaille depuis un an et demi dans le laboratoire du Dr. Goldberg, où il restera encore pendant plus de deux ans jusqu’à l’obtention de son doctorat.

« Je voulais travailler sur les algues car c’est l’une des principales ressources naturelles exploitables et je cherchais un sujet novateur », dit-il. « Ici nous travaillons sur une technologie qui n’a jamais été appliquée ailleurs dans ce domaine ». Les chercheurs du laboratoire du Dr. Goldberg étudient l’utilisation des outils de bio-ingénierie au service des sciences de l’environnement pour développer des alternatives simples et à faible coût aux ressources fossiles. Dans ce but, il se consacre à la production et à l’étude des algues et à leur transformation en aliments, produits chimiques et biocarburants.

« Trouver une alternative aux produits pétroliers est un projet d’avant-garde au profit de la planète et il est satisfaisant de pouvoir apporter sa pierre à l’édifice », affirme Arthur. « De plus, je voulais quitter la France pour vivre une expérience totalement différente, c’est pourquoi j’ai choisi de faire ma thèse à l’étranger. En Israël, je me retrouve dans un milieu multiculturel très différent de la France, malgré une assez grande communauté francophone. Et puis Tel-Aviv est une ville très dynamique, très jeune, avec un cadre fantastique ».

Israël et l’Université de Tel-Aviv: “Un excellent choix pour la recherche”

Arthur est logé dans la nouvelle résidence universitaire jouxtant l’UTA, le Campus Brochim, où il vit en colocation avec un post-doctorant indien. En plus de son travail au laboratoire, il s’immerge dans la culture israélienne et apprend l’hébreu : « j’ai toujours quelque chose à faire. C’est très intensif mais enrichissant et motivant. « La recherche est un univers fabuleux et ouvert, et le monde des chercheurs est  une grande famille à l’échelle mondiale ».

Et pour la suite ? Arthur hésite parmi les possibilités qui s’offrent à lui : post-doctorat, centre de recherche ou industrie privée, mais également…lancement de sa propre startup : « Je n’aurai jamais pensé à ça avant de venir en Israël. Ici on prend contact avec les entrepreneurs et on apprend comment on peut transformer une idée en une entreprise innovante. Cela devient possible, et moins effrayant ». En résumé, Arthur se déclare « très content aussi bien au niveau personnel que professionnel. Israël et l’Université de Tel-Aviv ont  été pour moi un excellent choix ».

Le programme de Volontariat International pour Chercheurs (“VI chercheur”), géré par l’Ambassade de France permet à des doctorants ou post-doctorants français (ou européens francophones) souhaitant venir faire de la recherche dans une université israélienne de bénéficier d’un co-financement du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) et de l’université d’accueil tout en effectuant des missions à hauteur de 3 jours par mois pour renforcer la coopération scientifique franco-israélienne.

Photo Arthur Robin

Arthur Robin – VI Chercheur à l’Université de Tel Aviv

 

Rédaction : Sivan Cohen-Wiesenfeld pour le site « Les Amis français de l’Université de Tel Aviv »