L’International Space University (ISU), créée en 1987 au Massachussetts et située à Strasbourg depuis 1994, propose une formation unique en Europe dans le domaine spatial. Chaque année, elle organise le Space Studies Program, un programme d’environ deux mois qui s’est déroulé cet été pour la première fois en Israël. Le Technion a ainsi accueilli 104 participants du 12 juillet au 1er septembre 2016. Parmi les participants, dix français ont été sélectionnés. Agés de 21 à 40 ans, ils sont étudiants, ingénieurs, juristes ou employés des agences spatiales française (CNES) et européenne (ESA).

Pour les plus jeunes, l’ISU est un véritable complément de formation, un moyen d’élargir ses horizons entre deux diplômes. C’est par exemple le cas de Jérémy Rabineau, 21 ans, élève-ingénieur de l’Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace (ISAE-SUPAERO) à Toulouse, qui se prépare à un master recherche en Astrophysique, Planétologie et Sciences de l’Univers et espère effectuer un doctorat sur l’aspect habité des missions spatiales, thème largement abordé durant le programme de l’ISU. Nicolas Meirhaeghe, 24 ans, a également étudié à l’ISAE-SUPAERO. Pour lui, l’ISU intervient juste avant le début de son doctorat sur la plasticité neuronale responsable de l’adaptation à l’apesanteur au département de bioastronautique commun au MIT et à Harvard. Pour Maayane Soumagnac, post-doctorante en astrophysique à l’Institut Weizmann et rattachée à l’Ambassade de France en Israël par un contrat de VI chercheur depuis un an et demi, l’ISU est intervenu comme complément important de son travail de recherche en lui apportant des connaissances en matière de législation et d’ingénierie spatiale pour mieux appréhender son projet consistant à développer le satellite scientifique Ultrasat, cofinancé par la NASA et l’agence spatiale israélienne.

Pour les plus expérimentés de l’équipe, l’ISU est aussi une façon de booster leur réseau. Ainsi, Mathieu Grialou, 40 ans, chargé d’affaires dans l’équipe des relations internationales du CNES nous explique que « l’ISU donne une opportunité exceptionnelle de construire un réseau international et de rencontrer des contacts avec qui travailler à l’avenir – en particulier grâce à un réseau alumni très bien structuré et organisé – et ouvre les portes d’entrée de n’importe quelle organisation impliquée dans le spatial ».

delegation

La délégation française présente à l’ISU

Ce programme constitue également une excellente opportunité de renforcer le partenariat scientifique déjà bien établi entre la France et le Technion et, de façon plus large, la coopération entre la France et Israël dans le domaine spatial. En particulier, le microsatellite franco-israélien VENµS, codirigé par le CNES et l’agence spatiale israélienne et dont le lancement est prévu pour le 2ème semestre 2017, a été présenté aux industries spatiales israéliennes. Ce satellite, dont le lancement qualifiera par ailleurs une nouvelle technologie de propulsion, observera à haute résolution l’évolution de la végétation au niveau planétaire afin d’étudier l’impact du changement climatique.