Rétrospective sélective Maurice Pialat
Rétrospective organisée en partenariat avec l’Institut français de Paris.

A NOS AMOURS
(France – 1983 – 1h42 – Fiction)
avec Sandrine Bonnaire, Dominique Besnehard, Maurice Pialaten partenariat avec IF Cinéma
Suzanne a seize ans. Elle découvre qu’il est difficile d’aimer, mais facile de coucher, même avec des hommes qu’elle n’aime pas. Le plaisir n’est pour elle qu’un moyen de ne pas mourir. Elle vit sa vie comme un animal sauvage, en mini-jupe et cheveux fous. Avec son regard dur et sa moue, elle n’exprime que sa violence.
César du meilleur film 1984
César du meilleur espoir féminin 1984 : Sandrine Bonnaire
*À l’origine d’À nos amours, il y a Les Filles du faubourg, un scénario écrit par Arlette Langmann. Il s’agit du portrait d’un groupe de jeunes filles dans les années 60. Mais Pialat ne parvient pas à le financer. Il décide alors d’investir l’argent qu’il avait commencé à réunir pour un autre projet, Meurtrières, inspiré par l’assassinat d’un automobiliste par deux jeunes auto-stoppeuses. Il commence le tournage en 1976 avant d’abandonner, vaincu par une accumulation de problèmes. Il enchaîne alors Passe ton bac d’abord et Loulou. Puis décide d’en revenir à Meurtrières et lance un nouveau casting. Venue accompagner sa sœur, Sandrine Bonnaire impressionne Maurice Pialat qui décide de lui confier l’un des deux rôles principaux de Meurtrières. Mais pour la deuxième fois, le film ne se fait pas. Comme il ne veut pas laisser filer une actrice aussi puissante, il décide de lui confier le rôle central des Filles du faubourg, dont le scénario va être totalement remanié. Fini le film de bande des sixties. Devenu Suzanne puis À nos amours, il est désormais contemporain de son époque et centré sur une seule adolescente. Une fois encore Pialat aborde ici un sujet autobiographique puisqu’Arlette Langmann s’est largement inspirée de son frère Claude Berri pour l’écrire. Et une fois encore, le film réussit à convaincre tout le monde : la critique, le public (950 000 entrées) et les professionnels avec à la clé, le Prix Louis-Delluc et les César du meilleur film et du meilleur espoir féminin. A la fin des années 90, Pialat essaiera une dernière fois, mais encore en vain, de donner vie à Meurtrières. C’est sa dernière épouse Sylvie – rencontrée sur A nos amours où elle était régisseuse – qui le produira trois ans après sa mort, en 2006, avec Patrick Grandperret aux commandes.
*Centre National du Cinéma et de l’Image Animée (CNC)

NOUS NE VIEILLIRONS PAS ENSEMBLE
(France – 1971 – 1h52 – Fiction)
avec Jean Yann, Macha Méril, Marlène Jobert
Jean, « vieil adolescent de quarante ans » et cinéaste raté, est marié à Françoise, une femme de son âge avec qui il vit, sans doute plus par besoin de protection que par affection. Il a depuis six ans une maîtresse de vingt-cinq ans, Catherine, très amoureuse de lui et qu’il traite avec peu de ménagement, bien qu’il lui soit attaché. Le film est l’histoire de la mort d’un couple à travers des heurts, des disputes, des séparations et des retours. Jusqu’à ce que, lassée, Catherine décide de se marier avec un homme socialement plus respectable que Jean, avec qui elle va partir, laissant Jean désespéré.
Festival de Cannes 1972 : Prix d’interprétation masculine : Jean Yanne
*Quatre ans après son premier long, celui qui a depuis tourné le feuilleton La Maison des bois pour l’ORTF, revient au cinéma. Pour un autoportrait intime : un cinéaste ne peut se résoudre depuis six ans à quitter sa femme pour sa jeune maitresse qui, lassée, lui annonce son mariage avec un autre homme. C’est Jean-Pierre Rassam, le beau-frère de Claude Berri, dont la sœur est la compagne de Maurice Pialat, qui pousse ce dernier à refaire un film. Rassam a une idée précise de la production : la réussite d’une œuvre tient dans les moyens fournis au cinéaste. Pialat et Rassam fondent ensemble la société Lido Films et Pialat décide de porter à l’écran le roman qu’il vient de publier, inspiré par six années d’une passion amoureuse tumultueuse. Pour jouer son alter ego, il choisit Jean Yanne avec qui il a joué dans Que la bête meure. Et pour incarner sa maîtresse, il opte pour Marlène Jobert qui vient d’enchaîner les succès de Dernier domicile connu, du Passager de la pluie et des Mariés de l’an II. Rassam est ravi : il a le casting de stars qu’il voulait. Pourtant, tout ne va pas se dérouler comme prévu. Le ton monte vite entre Pialat et Jean Yanne. A la fois parce que le réalisateur ne supporte pas que le comédien use d’antisèches sur le plateau et parce que ce dernier fait un rejet de son personnage – trop lâche à ses yeux. (…) Et Nous ne vieillirons pas ensemble enchantera cette fois-ci autant le public (1,7 million d’entrées) que la critique et les professionnels (Prix d’interprétation à Cannes pour Jean Yanne).
*Centre National du Cinéma et de l’Image Animée (CNC)

VAN GOGH
(France – 1991 – 2h38 – Fiction)
avec Jacques Dutronc, Gérard Sety, Alexandra London, Bernard Lecoq
Quand Vincent Van Gogh arrive à Auvers-sur-Oise pour y être soigné par le docteur Gachet, il lui reste deux mois à vivre. Pialat invente pour lui une histoire d’amour avec la fille de Gachet, et l’enveloppe dans un quotidien de lumières et d’ombre, où l’ombre a le dernier mot. Ce n’est pas l’histoire de Van Gogh, mais une puissante évocation de ses derniers jours.
Une affaire de jouissance et de mort – « Van Gogh » par Thierry Jousse
*« Van Gogh n’est pas un film sur la peinture. C’est une certitude qui va en ébranler plus d’un. On s’attendait à pouvoir gloser jusqu’à plus soif sur l’identification Pialat-Vincent sur le plan de l’aventure picturale. Le film déjoue très vite cette piste. Il commence bien par un plan sur une toile et un pinceau qui court à sa surface, mais après ce hors-d’oeuvre, le menu sera d’un autre ordre. Van Gogh est une affaire de jouissance et de mort. Un film strictement existentiel, qui appréhende l’art, la peinture, le geste au niveau de la terre. C’est donc un film de Maurice Pialat à part entière. Et l’un de ses plus beaux assurément. Van Gogh est un film plein, dense, nourri de sève, avec des moments de débordement tranquille qui détournent d’un seul coup le cours du fleuve narratif. C’est la vie, la vie immédiate que cherche à tout prix à capter Pialat. C’est là — et en cela il est fidèle à Renoir à qui il rend ici un hommage non dissimulé – qu’il pressent et traque le secret du peintre, dans cette aptitude à se laisser aller à la sensation pure, celle d’un verre de vin comme celle d’un corps de femme. (…) Il faut bien sûr parler de Jacques Dutronc. Son phrasé, ses gestes sont à l’opposé d’un Kirk Douglas dans La Vie passionnée de Vincent Van Gogh, ce beau film de Minnelli, tellement différent de celui de Pialat. Dutronc sous-joue la folie. Il impose un rythme laconique et rentré à ses partenaires et au film tout entier. Contrairement à d’autres films de Pialat – A nos amours – l’hystérie ne prend jamais le pas sur le film. Une paix consumée de l’intérieur émane de Dutronc comme du film dans son ensemble. Jusque dans les moments d’agonie de Van Gogh, presque paisible mais traversée par des instants de violence (le geste du bras de Vincent), moments qui ne sont d’ailleurs pas sans rappeler La Gueule ouverte, sans doute son plus beau film.
Les accents, les gestes, en un mot la présence font de Van Gogh un film de Pialat tout à fait authentique, sans doute plus ouvert sur le monde que ce bloc de nuit qui avait pour nom Sous le soleil de Satan. Nous n’avons pas fini d’en parler. »
*Thierry Jousse – Les Cahiers du Cinéma – mai 1991

Sans soleil (1982) – 1h40 – Documentaire / Expérimental
Un essai cinématographique sur la mémoire, le voyage et le regard. Du Japon à l’Afrique, Marker nous entraîne dans un flot d’images et de pensées, porté par une voix intérieure.
La Sixième face du Pentagone (1967) – 27 min – Documentaire
Chronique puissante de la marche pacifique contre la guerre du Vietnam à Washington, en octobre 1967. Une plongée dans l’Amérique contestataire et un manifeste contre l’oubli.
La Jetée (1962) – 28 min – Fiction / Expérimental
Film culte de science-fiction, réalisé uniquement à partir de photos fixes. Après une guerre nucléaire, un homme remonte le temps pour tenter de sauver l’humanité. Une œuvre visionnaire, fondatrice de nombreux récits modernes.
La Jetée (1962) – 28 min – Fiction / Expérimental
Film culte de science-fiction, réalisé uniquement à partir de photos fixes. Après une guerre nucléaire, un homme remonte le temps pour tenter de sauver l’humanité. Une œuvre visionnaire, fondatrice de nombreux récits modernes.
Informations
Rétrospective Chris Marker : un regard libre sur le monde, entre mémoire et imagination
Du 4 au 28 août 2025
Cinémathèques de Tel Aviv, Jérusalem et Herzlyia
Les films sont diffusés en version française avec sous-titres en hébreu.
RETROSPECTIVE
Rétrospective Maurice Pialat
Redécouvrir le cinéma « écorché » de Maurice Pialat
Du 19 juillet au 17 septembre 2026
Cinémathèques de Tel Aviv, Herzliya, Jérusalem, Holon, Haïfa, Sam Spiegel
L’Institut français de Tel Aviv propose une nouvelle rétrospective du patrimoine cinématographique français au public israélien : une sélection de sept films du grand réalisateur français Maurice Pialat, révélant toute la richesse et la diversité d’œuvres organiques et frontales, à la frontière de la fiction et du documentaire.
Les sept films sont issus du précieux catalogue de l’IF Cinéma Paris et des Archives de la Cinémathèque de Jérusalem.
À propos de Maurice Pialat
Maurice Pialat naît à Cunlhat, en Auvergne, le 31 août 1925. Suite à la ruine de son père, marchand de bois, vin et charbon, il est essentiellement élevé par sa grand-mère. Aspirant au métier de peintre, il suit des cours d’architecture puis de peinture à l’École nationale supérieure des arts décoratifs pendant la Seconde Guerre mondiale. A la Libération, il renonce à la peinture et vit de petits boulots. Dans les années 1950, il achète une caméra et réalise quelques courts-métrages amateurs avant d’être remarqué par le producteur Pierre Braunberger qui produit son premier court métrage professionnel, L’amour existe en 1960 puis Janine en 1962. Ce n’est que tardivement, à 43 ans, qu’il réalise son premier long métrage, L’Enfance nue, qui remporte le prix Jean Vigo en 1968. Ces premiers films à petit budget annoncent ce que sera le « style Pialat » : des personnages gouailleurs et tiraillés par leur amour (Nous ne vieillirons pas ensemble, A nos amours), une mise en scène brute et réaliste proche du documentaire (Police, Loulou), des distributions composées en partie d’acteurs amateurs (La Gueule ouverte, Passe ton bac d’abord) mais aussi un certain rapport à l’art (Van Gogh) et à la foi (Sous le soleil de Satan).
*L’un des plus grands cinéastes du XXe siècle, admiré, détesté, célébré, sifflé et copié. Sa méthode, faite de colères légendaires, de provocations et surtout d’une foi absolue en les vertus du tournage comme seul sésame pour accéder à la vérité du film, lui a valu quolibets et inimitiés, mais aussi une Palme d’or (Sous le soleil de Satan), couronnement d’une carrière jalonnée de chefs-d’œuvre. Portraits d’enfances (La Maison des bois, L’Enfance nue), étude du couple au scalpel (Nous ne vieillirons pas ensemble, Loulou), chroniques adolescentes (À nos amours) ou biographie bouleversante (Van Gogh) : Pialat a 100 ans, il est temps de tout revoir, et d’en parler (…).
*Cinémathèque Française
Informations
Rétrospective Maurice Pialat
Redécouvrir le cinéma « écorché » de Maurice Pialat
Du 19 juillet au 17 septembre 2026 – Cinémathèques de Tel Aviv, Herzliya, Jérusalem, Holon, Haïfa, Sam Spiegel
En partenariat avec l’Institut français de Paris
Films en français, sous-titrés en hébreu
Les films sont diffusés en version française avec sous-titres en hébreu.